SHSDS : Le logotype de la Société Historique et Scietifique des Deux-Sèvres



  1. Flyer 2023

In Memoriam Pierre Arches (1932-2020)

Dans la séance du 8 décembre 1965, le docteur Louis Merle alors président de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres accueillait Pierre Arches, un jeune professeur d’histoire au lycée mixte de Parthenay. Ce dernier resta adhérent de notre association pendant cinquante-cinq ans, puis membre du conseil d’administration de nombreuses années. De sa fréquentation des riches fonds déposés aux Archives départementales, Pierre Arches livre plus de trente contributions qui jalonnent notre bulletin de 1966 à 2005. Ecrivant sur Parthenay, Thouars, Niort, il donne un éclairage pertinent des familles Proust et Main. Ces recherches constituent la base de sa thèse de doctorat d’Etat soutenue à Tours en 2005 sous la direction du professeur Claude Petitfrère : Les Deux-Sèvres (XVIIIème-XXème siècle) : société économique, vie politique. Refusant un poste de maître-assistant à l’université de Bordeaux, il préfère rester dans son département d’adoption, les Deux-Sèvres, afin d’enrichir la bibliographie locale par de nombreuses études reconnues aujourd’hui comme des références par les historiens. Fin connaisseur de ce département, il participe à la création de la Fédération des sociétés savantes des Deux-Sèvres ou à celle de la Société historique de Parthenay. Homme discret, curieux de connaitre et grand communicant, pédagogue, aux nombreux engagements (membre du Comité de défense du rail et de la Fédération nationale des usagers des transports), personnalité aux fortes convictions, nous retiendrons de Pierre Arches sa haute valeur morale et sa grande bienveillance à l’égard d’autrui.
Daniel Courant, président

Le dernier bulletin annuel de la S.H.S.D.S.

La Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres présente son bulletin numéro 18 pourt les année 2021 et 2022.

SHSDS : Bulletin, Quatrième série, numéro 18 2021-2022 Bulletin, Quatrième série, n° 18
Sommaire
  • Fabienne Désirée Texier : Avant propos.
  • Erick Surget : Philippe Contamine.
  • Romain Storai : Nouveaux regards sur les aglomérations des Deux-Sèvres : relecture du réseau urbain antique dans le centre de la cité des Pictons.
  • Fr Lucien-Jean Bord : Une supplique poitevine du XVIIIe siècle.
  • Larent Delenne : Une colonne de prisonniers de guerre espagnols à Niort au printemps 1809.
  • Benoit Sance : Un département dans la tourmente. Les Deux-Sèvres sous les Cent-Jours (1815).
  • Pascal Auger : Alcide d'Orbigny (1802-1857). De l'Amérique du Sud au Poitou.
  • Raymond Deborde : La guerre oubliée de 1870. Les monuments aux morts en Deux-Sèvres.
  • Vie de la Société.
Et il y a 100 ans
sommaire du bulletin
Bulletin, Série 1, TOME IV 1r, 2e, 3e et 4e trimestres de 1922
Sommaire
  • Liste des membres admis pendant l'année p. 1
  • Membres résidents décédés p. 2
  • Distinctions honorigfiques p. 3
  • Actes de la Société p. 4
  • Dons p. 31
  • Publications de Sociétés savantes reçues à titres d'échanges p. 32
  • Gustave Boissière : La Bibliothèque municipale de Niort p. 55
  • Georges Turpin : L'église Notre-Dame de la Couldre à Parthenay et ses sculptures p. 79
  • N Guabillaud : Une lampe romaine du pays Mortagnais (Vendée) p. 92
  • Maurice Fauché : Les variations de l'effectif scolaire à l'Oratoire de Niort p. 95
  • André Levieil : Une enquêt sur l'enseignement secondaire dans les Deux-Sèvres en 1810 p. 108
  • Documents poitevins : p. 113

Des articles de presse d'évènements engageant la S.H.S.D.S. et ses membres

le 6 octobre
Le Courrier de l'Ouest
Bessines. Il y aurait encore tant de choses à raconter
Le groupe, attentif aux propos de Marie-Laure Viart, devant l’église Saint-Caprais. © Photo CO

La Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, présidée par Fabienne Texier, proposait récemment une visite découverte du patrimoine de la commune, organisée par Marie-Laure Viart, guide conférencière, en partenariat avec la section recherches historiques de Bessines animation, l’association des Jardins partagés du bief Jaron et l’Association de promotion de l’angélique de Niort Marais poitevin.

le 24 septembre
Le Courrier de l'Ouest
Bessines. Les jardins du bief Jaron, à découvrir
Petite halte dans une zone Natura 2000 du marais de Bessines. Photo CO

Samedi 24 septembre, la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres organisait une journée découverte de la commune. Marie-Laure Viart, guide conférencière, avait prévu une halte aux jardins partagés du bief Jaron.

Jacques Moronval, ancien maire, est à l’initiative de cette création." En 2018, ce site planté en maïs, dans la zone Natura 2000, a été dédié à la nature ; il devait être aménagé et géré dans un esprit de partage et de convivialité en partenariat avec le Parc, le Dreal. "

15 parcelles à exploiter

Serge Gelin, président de l’association, insiste : " La très bonne ambiance qui règne entre les jardiniers a contribué à l’agrandissement du terrain à exploiter qui se compose de 15 parcelles. La fruitière a belle allure, les jeunes Bessinois, parrains des arbres plantés en 2019, viennent les voir grandir. La mare est actuellement à sec mais nous bénéficions d’un puits. La mise en place de quatre ruches et l’achat de l’équipement a créé une activité nouvelle. L'association a bien d’autres animations prévues dans cet espace : la fabrication de nichoirs, des sorties à la rencontre des oiseaux de Bessines, la taille des fruitiers… et ne pas oublier la consultation des ouvrages disponibles dans la boîte à livres quand vous, jardiniers ou passants, vous prenez un moment de repos ! Car l’objectif est bien de créer un lieu de passage et de rencontre. "

La visite se termine par la dégustation du miel récolté la semaine dernière par les apicultrices bénévoles.

le 7 juin
La Nouvelle République
La Société historique et scientifique des Deux-Sèvres en visite
Guidés par Michelle Saboureau et Patrick Hourmilougué, les membres de la Société historique ont découvert Benet. Photo NR

Samedi, une vingtaine de personnes de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres (SHSDS), sous la présidence de Fabienne Texier, étaient accueillies sur le site de l’ancien champ de foire par Daniel David, maire de Benet, avant de partir à la découverte de la cité. Guidé par Michelle Saboureau, présidente de l’Association généalogique et historique de Benet et sa région (AGHBR), accompagnée de Patrick Hourmilougué, membre de l’association, le groupe niortais est allé à la découverte des lieux et monuments historiques de Benet : les ruines du château médiéval, les peux, l’église Sainte-Eulalie, et après le déjeuner, les visiteurs ont été très chaleureusement accueillis aux fours à chaux par Jean-Marie Vergnault, propriétaire du site et plusieurs membres de l’Association de sauvegarde du patrimoine industriel (Aspi).

Tous les participants sont repartis enchantés de leur journée qui leur a permis de découvrir plusieurs sites jusque-là méconnus d’eux.

le 24 novembre
La Nouvelle République
Niort : les plus belles demeures de la ville réunies dans un livre.
SHSDS : Dans son ouvrage, Daniel Courant présente 85 des plus belles demeures de Niort. Depuis le moyen-âge jusqu'à la période contemporaine. © Photo NR
Dans son ouvrage, Daniel Courant présente 85 des plus belles demeures de Niort. Depuis le moyen-âge jusqu'à la période contemporaine. © Photo NR

Dans son nouvel ouvrage paru chez La Geste, Daniel Courant, ancien conservateur des musées de Niort, présente les plus belles bâtisses de la ville sous toutes les coutures.

Découvrir les trésors cachés de la cité, c’est ce que propose Daniel Courant dans son dernier ouvrage, « Les belles demeures de Niort », publié chez La Geste. « Le défi, c’était de rentrer chez les particuliers, indique l’auteur, finalement, cela a été assez simple ; si bien qu’à un moment, j’ai dû stopper les recherches pour ne pas avoir trop de matière à traiter ».

C’est un travail sur la durée qu’a entrepris l’ancien conservateur des musées de Niort ; et cela pour « ne pas s’ennuyer », comme il le confesse.

« Près de 250 pages illustrées sur 85 demeures »

En tout, ce sont 85 demeures qui ont été choisies pour être présentées dans le livre, accompagnées d’une notice historique et descriptive, ainsi que de photos réalisées par le photographe professionnel Yann Werdefroy.

« Il s’agit d’un travail collaboratif, Laure Renaud et Marie-Laure Viart, qui connaissent bien le patrimoine local, m’ont aidé dans mes recherches ; par ailleurs, Yann Werdefroy a effectué un travail important », confie Daniel Courant.

En effet, pour illustrer les pages, il a fallu choisir parmi près de 1.700 photos prises par le photographe. Le résultat, plus de 250 pages imagées avec les plus beaux extérieurs et intérieurs de la ville, classés selon la période et le style architectural.

En témoigne l’ancien cinéma de la rue de la Comédie, aujourd’hui reconverti en loft moderne, une chapelle aménagée en salon, ou encore un château dans un parc de 5 hectares surplombant la Sèvre. « L’autre aspect de ce livre, c’est le lien avec les architectes locaux ; qui sont parfois oubliés », indique l’auteur.

Les architectes locaux mis à l’honneur

En fin d’ouvrage, une quinzaine d’architectes sont mis en lumière. « Certains ont réalisé des maisons absolument magnifiques, estime Daniel Courant, comme la maison des 4 éléments, où l’architecte Bernard a eu l’opportunité de concevoir un intérieur selon sa perception du monde sur les thèmes du feu, de l’eau, de l’air et de la terre ». Tout autant de merveilles à découvrir dans cet ouvrage.

le 5 octobre
La Nouvelle République
Le bourg dévoilé aux visiteurs.
SHSDS : Visite du bourg de Sainte-Néomaye commentée par Jocelyne Germanaz et Guy Poupin. © Photo NR
Visite du bourg de Sainte-Néomaye commentée par Jocelyne Germanaz et Guy Poupin. © Photo NR

Une trentaine de personnes ont assisté à une visite commentée du bourg de Sainte-Néomaye, samedi 26 septembre. Organisée par la Société historique de Niort et l’Association Guillaume-Budé, la visite a été dirigée par Jocelyne Germanaz, habitante de la commune qui a apporté ses connaissances sur l’histoire de la commune, ses ruelles, sa foire aux mules et ses auberges. Les personnes présentes ont été très intéressées par la charmante petite église, son clocher et ses peintures murales encore bien présentes. Il a été question également du château des 17e-19e siècles. Après un repas à l’Auberge 1800, sur la place du Champ-de-Foire, et un coup d’œil sur son escalier du 18e siècle, l’après-midi s’est poursuivi par un parcours des vieilles rues et une vue sur les vestiges du premier château du 15e siècle, avec l’intervention de l’historien créchois Guy Poupin.

le 29 septembre
La Nouvelle République
Journée Pérégrine à travers le bourg.
SHSDS : Daniel Courant, le président de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, était accompagné de ses 22 adhérents pour une Journée Pérégrine. © Photo NR
Daniel Courant, le président de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, était accompagné de ses 22 adhérents pour une Journée Pérégrine. © Photo NR

Samedi 25 septembre s’est déroulée sur la commune, la Journée Pérégrine organisée avec la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, basée à Niort. Cette association qui compte 150 adhérents, organise des conférences chaque mois sur des thèmes différents, et publie chaque année un bulletin sur l’histoire locale ou sur un personnage du département.

Pérégriner à travers le bourg

Et en ce samedi, c’est Michel Eprinchard, membre de la société historique, qui aidé de Bernard Giraudeau, a proposé au président Daniel Courant ainsi qu’aux 22 adhérents qui avaient fait le déplacement, la visite des différents monuments, constructions et sites de la commune. La journée a débuté à 9 h 45 par une présentation et le mot d’accueil du maire et du 1er adjoint. La visite s’est poursuivie avec la visite de la tour de l’Horloge (emblème de la commune), la mairie (construction du début du 20e siècle), les Halles (bâtiment remarquable du début du 20e siècle également), puis tout le monde s’est déplacé vers Vaussais pour la visite de l’église du 11e siècle qui a été rénovée. Les visites du manoir du Puys d’Anché (datant du 15e siècle) et du Four à tuiles verticales (économie sauzéenne du 19e siècle) ont précédé celle de l’espace Salcido, cette ancienne friche commerciale qui a présent accueille dans un espace recréé, de multiples services au public ; une médiathèque, une halte-garderie, un Ram (relais assistance maternelle), une salle informatique et la maison France-Services, ainsi que la Sep et le service d’aide à domicile. La journée s’est conclue par la visite la médiathèque La Fabrik et la projection d’un diaporama.

le 29 septembre
Le Courrier de l'Ouest
Fabienne Texier, la nouvelle présidente de la Société historique des Deux-Sèvres.
SHSDS : Fabienne Texier, la nouvelle présidente de la Société historique des Deux-Sèvres. | DOCUMENTATION CO - MARIE DELAGE
Fabienne Texier, la nouvelle présidente de la Société historique des Deux-Sèvres. | DOCUMENTATION CO - MARIE DELAGE

L’assemblée générale de la Société historique des Deux-Sèvres s’est déroulée le 15 septembre 2021 à la maison des associations et a renouvelé le conseil d’administration. Ce même conseil d’administration s’est réuni récemment au siège de la Société à Niort. Daniel Courant ayant annoncé son départ de la présidence, Fabienne Texier a été élue à l’unanimité pour lui succéder.

Le conseil d’administration a renouvelé le bureau comme suit : Marie-Laure Viart, vice-présidente ; Pierre Lacore secrétaire-relations presse ; Jean-Claude Faucher secrétaire adjoint ; Jean-Paul Bailleul, trésorier ; Laurent Forestier trésorier adjoint et webmestre ; Claudine Allag chargée des publications et Daniel Courant qui reste membre du bureau.

Par ailleurs, le conseil d’administration a confirmé la participation de la société aux journées généalogiques de Saint-Maixent les 9 et 10 octobre et à la 3e journée de l’histoire en Deux-Sèvres à Bressuire le 17 octobre.

La programmation des conférences à la maison des associations pour la fin de l’année 2021 a été modifiée ainsi :

- Mercredi 20 octobre à 18 h : Yanik Maufras : « La nature en ville, réflexion sur notre acceptation et la capacité d’adaptation ».
- Mercredi 17 novembre à 18 h : Laurence Compagnon : « Maintenir les traditions en Poitou, l’action du Chaleuil dau Pays niortais ».
- Mercredi 15 décembre à 18 h : Armelle Dutruc : « La société philanthropique de Niort (1836-1970), le fraternel rapprochement ».
Renseignements : 06 48 92 74 70

fin 2020
https://www.ouest-france.fr/
Niort. 2010 - 2020, les dix années qui ont changé la ville.

Daniel Courant, ancien conservateur des musées de Niort, pose les yeux de l’historien sur les dix dernières années qui ont transformé la physionomie de la ville tout en soulignant certaines constantes.

SHSDS : Les deux hectares et demi de Port Boinot, ancienne friche industrielle, ont déjà été adoptés par les Niortais
Les deux hectares et demi de Port Boinot, ancienne friche industrielle, ont déjà été adoptés par les Niortais

Niort est passée à la vitesse supérieure ces dix dernières années. L’hypercentre et la Brèche se sont libérés des voitures, un second poumon vert s’est dessiné à Port Boinot. On a vu le Pôle sport prendre de la consistance autour de L’Acclameur, le numérique et l’universitaire aller de l’avant comme jamais. Inutile de tout énumérer. Niort bouge et se fortifie, gagne des habitants, efficace et discrète (trop discrète ?). C’est avec un historien, en convoquant donc un regard qui aime embrasser les événements sur le temps long, Daniel Courant, ancien conservateur des musées de Niort, que nous avons voulu évoquer cette décennie marquante, 2010-2020.

SHSDS : L’historien Daniel Courant, ancien conservateur des musées de Niort, se félicite de ce que les maires successifs aient concilié valorisation du patrimoine et développement économique. | CO – MARIE DELAGE
L’historien Daniel Courant, ancien conservateur des musées de Niort, se félicite de ce que les maires successifs aient concilié valorisation du patrimoine et développement économique. | CO – MARIE DELAGE

Quel regard portez-vous sur cette décennie de grands changements qui vient de s’écouler à Niort ?

Daniel Courant : « Depuis 1982, nommé à mon poste de conservateur des musées de Niort par René Gaillard, j’ai suivi la politique des différents maires. Il y a eu une sorte de fil rouge visionnaire dans leur action pour ancrer la ville dans la modernité. Je me souviens par exemple des polémiques à propos de la Brèche avec Bernard Bellec au début des années 2000. Or quand il a lancé l’idée, on était déjà confronté aux problèmes de stationnement, de la place de la voiture dans la ville. Cette place de la voiture va devenir un leitmotiv. On commence par piétonniser une rue (les rues Sainte-Marthe et du Rabot), puis l’hypercentre, puis la Brèche… »

SHSDS : L’enseigne de ce qui fut une « grande surface » il y a plus d’un siècle, en plein centre de Niort. La rivalité avec les petits commerces ne date pas d’aujourd’hui. | ARCHIVES CO – ERIC CHAUVET
L’enseigne de ce qui fut une « grande surface » il y a plus d’un siècle, en plein centre de Niort. La rivalité avec les petits commerces ne date pas d’aujourd’hui. | ARCHIVES CO – ERIC CHAUVET

La Brèche qui retrouve alors sa vocation première…

« Oui. La Brèche nouvelle, inaugurée en 2013, a été repensée comme espace paysager et ludique. Avant 1923, c’était l’endroit où tous les Niortais se réunissaient, pour des festivités ou autres, entouré de cafés. Il y avait des courses cyclistes et automobiles autour. En 1923, toute une partie de la place était réservée aux foires-expositions. Début XXIe, la Brèche retrouve donc sa vocation première que le parking avait gommée et l’on recrée un espace vert. »

On a peut-être oublié que Niort était riche jadis en espaces verts…

« Il y a eu beaucoup de jardins publics. Dont un, phénoménal, le jardin botanique, en plein centre, qui a été rasé pour y construire la préfecture. Fin XIXe, on recrée un plan d’eau et l’on installe des sculptures dans le haut de la Brèche. »

La piétonnisation avait créé une polémique vive et durable avec les commerçants. Avec le recul, qu’en pensez-vous ?

« Je comprends l’émotion des commerçants à ce moment-là. Ils ont souffert. Cependant, on ne peut pas arrêter le cours de l’histoire en s’appuyant sur le passé. On ne pourrait plus admettre les voitures rues Ricard et Victor-Hugo aujourd’hui. Les années qui viennent de s’écouler, avec quelques grandes enseignes qui se sont installées dans l’hypercentre, ont montré que les Niortais restent attachés à leurs commerces de proximité. D’ailleurs, l’opposition entre petits commerces et grandes surfaces, au cœur de la polémique puisque la piétonnisation était censée pour ses adversaires faire fuir la clientèle vers la périphérie, a au moins un siècle. »

SHSDS : Daniel Courant souhaite que les vases Cugnot, restaurés pour 150 000 €, soient installés dans le centre-ville après avoir longtemps décoré la Brèche. | ARCHIVES CO – DARRI
Daniel Courant souhaite que les vases Cugnot, restaurés pour 150 000 €, soient installés dans le centre-ville après avoir longtemps décoré la Brèche. | ARCHIVES CO – DARRI

L’historien revient vite à son dada…

« C’est vers 1900 que les premières grandes surfaces s’installent à Niort, dans le centre : elles s’appellent Nouvelles Galeries, Le Petit Louvre, A La Ménagère, Au Gagne-Petit. Cent ans plus tard, les grands magasins, sauf les Galeries, migrent en périphérie. On a un mouvement de balancier. Mais j’observe que les différents maires ont eu le souci de garder la zone de chalandise du centre-ville. Comme il avait été décidé de garder le cinéma en plein centre, une décision forte, quand d’autres municipalités ont déplacé leur cinéma en bordure de ville. »

Si l’on quitte le centre, qu’est-ce qui vous marque plus globalement dans l’évolution de ces dix dernières années ?

« Eh bien, prenez L’Acclameur par exemple. Quand elle ouvre en 2012, elle se trouve dans un no man’s land. Il n’y avait alors que l’aérodrome et quelques magasins. On a maintenant Déclathlon, Leroy Merlin… Le Pôle sports est bien parti. Ce que je vois, c’est qu’avec ce Pôle sports, les zones Mendès-France et de la Mude, on a le nord, le sud et l’est en plein développement. Et à l’ouest ? Eh bien on a désormais Port Boinot. La balance est faite. Un poumon vert, l’appel du Marais, mais aussi une valorisation du passé industriel de Niort. Tous les maires ont eu un fil historique dans leurs décisions. Ils ont pensé l’avenir de leur ville en respectant son patrimoine. »

SHSDS : La place de la Brèche, l’exemple d’un grand projet parfaitement abouti. | CO – JOSSELIN CLAIR
La place de la Brèche, l’exemple d’un grand projet parfaitement abouti. | CO – JOSSELIN CLAIR

Vous avez aussi une belle expression : le geste architectural à chaque construction nouvelle. A quoi s’applique-t-elle par exemple ?

« Je pense au CAC une fois qu’on a eu rasé ce qui restait des usines Boinot, fermées en 1980, et à la nouvelle médiathèque. A la forme bien caractéristique de L’Acclameur, aux émergences de la Brèche, aux velums du Pôle administratif, au complexe Port Boinot. Ce sont des gestes qui ponctuent les grandes décisions municipales. Jusqu’au chantier de la piscine de Pré Leroy, dont on préserve le substrat patrimonial. Et tout ça, ce sont des équipements que l’on garde dans le centre. »

Ce souci patrimonial est donc une des constantes de Niort ?

« Je le crois, avec cette volonté de sauvegarder le centre et de créer de l’attractivité pour faire venir des gens, ce que l’on voit dans le développement du numérique. C’est tout le contraire de l’idéologie de la table rase. Pensez quand même, qu’il y a 40/50 ans, on a échappé à la destruction des Halles ! Je ne décèle pas d’erreur majeure dans le centre-ville. Je repense à ce qui a été fait pour le musée d’Agesci, inauguré en 2006. On avait un lycée obsolète accueillant 1 200 élèves. Les services techniques de la Ville auraient pu s’y installer. Mais Bernard Bellec a préféré écouter M. Gendron, le conservateur, et le bâti, 5 000 m² rachetés pour 1 €, a été transformé en musée. Un chantier de 9-10 millions. Il y a une permanence dans le fait de conserver les structures d’origine. »

Que reste-t-il à accomplir à Niort selon vous ?

« Je sais que des projets sont engagés concernant la colline Saint-André ou le quartier de la gare. Personnellement, je souhaite que l’on soigne l’habitat du centre-ville, où l’on remarque d’ailleurs de belles façades entretenues, grâce notamment à des aides. C’est une marque de respect de la part des propriétaires et des maires. Je souhaite aussi davantage de pistes cyclables et que l’on veille à la préservation des jardins familiaux. »

Pour un parcours de sculptures en centre-ville

Daniel Courant milite pour la création d’un parcours de sculptures monumentales de la place de la Brèche à Port Boinot, en passant par les rues Ricard et Victor-Hugo et la place du Donjon. Il pense notamment aux « Dames de la Brèche » de Franck Ayroles et aux vases Cugnot entreposés à d’Agesci, des sculptures historiques qui n’existent que dans deux villes, Niort et Bourges, et qui à la fin du XIXe siècle décoraient la Brèche. Daniel Courant imagine que ces vases pourraient prendre place devant l’hôtel de ville. Pour l’historien, ces sculptures conféreraient une identité visuelle particulière à Niort.

Les avantages collatéraux des grands chantiers

Tout chantier engagé dans un centre-ville doit être précédé de fouilles archéologiques. Par exemple, pendant le chantier de piétonnisation, à l’occasion des fouilles au pied du donjon, les archéologues découvrent les traces d’un habitat carolingien, jusqu’alors ignoré des historiens. En 2018, à Port Boinot, est mis au jour un sanctuaire gaulois, ou romain, du 1er siècle après Jésus-Christ. Il existait bel et bien une ville gauloise dans cette boucle de la Sèvre !

Bio express
1948 : naissance à Cholet de Daniel Courant.
1978-1981 : docteur ès lettres, il devient conservateur des musées de Metz.
1982-2012 : conservateur des musées de Niort.
Il est aussi président de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres.
Marié, il a un fils.
Dernier ouvrage : « Le Donjon de Niort : organisation d’un chantier de construction à la fin du XIIe siècle » (Geste).

le 23 février
La Nouvelle République
Une fresque murale mise au jour.
Pinceau et bistouri sont les deux outils principaux. Une fois nettoyée, la principale pierre révèle une fortification et de la végétation. © Photo NR

C’est à l’occasion de travaux que le propriétaire d’une maison du Mellois a découvert, dans l’un de ses murs intérieurs, quelques pierres de taille laissant apparaître des motifs. Claudine Allag, archéologue émérite à la retraite, a fait le déplacement pour les étudier de plus près.

Elle a commencé par un nettoyage minutieux afin de mieux faire ressortir les dessins et tenter de dater, même de manière approximative. « Ça n’est pas ma période de prédilection, prévient l’archéologue spécialiste de l’époque romaine. Des documents sur l’historique de la maison pourraient nous donner une idée de la date possible de la fabrication de la fresque. On peut aussi confier le travail à un spécialiste de la période présumée de la fresque, qui va travailler par analogie. »

Pour les cinq pierres, plusieurs scénarios sont possibles. Le plus vraisemblable, puisque c’est assez courant, est que les pierres peuvent appartenir à un même mur, écroulé, dont certaines pierres ont été récupérées pour une nouvelle construction. Il peut s’agir d’un mur du voisinage, voire même de la maison antécédente ou bien plus éloignée. D’autres pierres du mur originel pourraient se trouver dans les constructions voisines.

Un paysage Il faut aussi faire la différence entre le dessin original et ce qui a pu être ajouté. C’est ainsi que les personnages aperçus le matin se sont avéré être de simples coups de crayons ultérieurs. La nature du trait permet d’identifier l’époque.

Quelques heures plus tard, les cinq pierres ont livré leur secret. « Il s’agit vraisemblablement de pierres venant d’un mur peint, conclut Claudine Allag. Le bas avait été enduit de pigments ocres de mauvaise qualité, deux traits avaient été dessinés au-dessus pour simuler une moulure avec des motifs architecturaux, puis sur la partie la plus visible, à hauteur des yeux, un paysage avec une fortification, de la végétation et des oiseaux qui s’envolent. Nous n’avons pas assez d’éléments pour savoir ce que représentait la scène ni même sa taille réelle. »

Pas de date très précise non plus mais des similitudes avec des fresques datant du XVIIe siècle. Les pierres melloises ont gardé une partie de leur secret.

le 6 décembre 2019
La Nouvelle République
Le langage des signes des bâtisseurs du donjon de Niort.
Le livre de Daniel Courant est l’aboutissement de douze années de travail ! © Photo NR

Daniel Courant a décrypté quelque 4.000 signes gravés dans la pierre du donjon pour mieux expliquer comment cet édifice a été érigé au XIIe siècle.

Des étoiles, des courbes, des clés, des fleurs, mais aussi des lettres, des triangles ou des angles, et même quelques portraits ! En y regardant de près, les pierres qui ont permis d’ériger le donjon, ce solide édifice militaire, sont constellées de petits signes gravés. Conservateur en retraite des musées de Niort, président de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres et historien, Daniel Courant a dressé l’inventaire de ces gravures. En auscultant pas moins de 16.000 pierres du donjon, il a recensé 4.000 de ces signes, dont 325 différents.

La signature du travail, des signes de fabrication ou de géométrie

Et dans un livre, Le donjon de Niort, organisation d’un chantier de construction à la fin du XIIe siècle, qu’il publie à La Geste, il fait aujourd’hui parler ces marques lapidaires qui sont la signature des bâtisseurs du donjon. « C’est lors des restaurations des salles intérieures qui ont débuté dans les années quatre-vingt-dix que j’ai démarré ce travail, explique Daniel Courant. En nettoyant le badigeon qui recouvrait les murs, les ouvriers ont révélé ces marques et m’ont appelé. Je suis venu voir, me suis même enfermé des heures avec un éclairage latéral pour me rendre compte que dans certaines salles, et sous les voûtes, jusqu’à une pierre sur deux portait parfois jusqu’à trois marques différentes. Je suis persuadé qu’aujourd’hui le donjon est l’édifice militaire du XIIe qui comporte en France le plus de marques lapidaires ».

Avec du papier-calque et un crayon, il a recopié et répertorié tous ces signes. Puis en menant des recherches, s’est attaché à les faire parler. Il résulte de ses travaux que ces signes sont souvent la signature des tailleurs de pierre pour quantifier et qualifier leur travail. Ce peut être aussi les signes des carriers qui ont extrait la pierre du sol, des signes pour la pose, le stockage et l’organisation du chantier. L’historien a complété ce travail par une explication des moyens mis en œuvre pour mener un tel chantier au Moyen Âge. Ce travail de Daniel Courant est énorme (douze années !) et pourrait être la base de recherches scientifiques. Qui ont d’ailleurs un nom : la glyptographie !

Daniel Courant donnera une conférence, suivie d’une dédicace de son livre Le donjon de Niort, organisation d’un chantier de construction à la fin du XIIe siècle, samedi 7 décembre à 15 h au musée Bernard-d’Agesci.

août 2019
La Nouvelle République
Avec les descendants du bâtisseur Niortais Segretain.
Son arrière-arrière-petit-fils, Etienne Segretain, et son cousin François dans la cour de l’hôtel de la préfecture, construite par leur aïeul entre 1828 et 1830. © Photo NR
L’église Saint-Hilaire est aussi l’œuvre de l’architecte niortais qui décéda deux ans avant qu’elle ne fut livrée au culte, en 1866. © Photo NR
Devant l’église Saint-André que l’architecte P.-T. Segretain a reconstruite, rencontre fortuite avec l’historien Daniel Courant. © Photo NR

Pierre-Théophile Segretain (1798-1864) a dessiné les édifices emblématiques de Niort, préfecture, tribunal, prison, restauré l’église Saint-André…

Sommairement, « rue Segretain ». Si le conseil municipal de Niort (en 1868) a ainsi rendu hommage à l’architecte départemental, le nom du grand bâtisseur restera un éternel mystère pour nombre de promeneurs. La petite artère qui grimpe la colline vers l’église Saint-André porte le nom de Pierre-Théophile Segretain. Sait-on que ce monument religieux, avec ses deux flèches caractéristiques, est l’œuvre de ce polytechnicien architecte qui a reconstruit totalement le sanctuaire, entre 1855 à 1863 ? Ce vendredi de juin dernier, deux visiteurs particuliers déambulaient silencieusement entre les piliers de la nef centrale. Etienne Segrétain, 71 ans, a accepté de remonter le cours de l’histoire de son arrière-arrière-grand-père en compagnie de son cousin François, 70 ans. Une matinée sur la piste des édifices construits ou restaurés sous le crayon de l’illustre architecte dans le chef-lieu des Deux-Sèvres où il naquit (1798) et mourut (1864).

“ C’est l’homme et l’architecte du XIXe ” « Ce qui m’a surpris, confie d’emblée Etienne Segretain, c’est la façon dont notre aïeul travaillait. Il allait deux fois à Paris par an pour prendre les ordres de Prosper Mérimée, l’inspecteur des Monuments historiques. Il dessinait tous les assemblages, suivait tous les chantiers. C’est lui qui a créé le premier la fonction d’architecte des bâtiments de France. Et l’on comprend à quel point Niort fut à l’époque une grande ville ». Direction ensuite l’hôtel de la préfecture. L’élégant bâtiment de style néoclassique, dont la première pierre fut posée le 13 septembre 1828, à l’emplacement de l’ancien château, porte aussi la signature de l’architecte niortais qui dirigea les travaux pendant deux ans. Sous sa direction, c’est tout ce quartier administratif et judiciaire du centre-ville qui a été remodelé puisqu’on lui doit aussi le palais de justice ainsi que la maison d’arrêt de type panoptique, unique en Europe (excepté à Londres) : « Signe qu’il suivait les idées et l’actualité carcérale, relève Pierre Courant. Pierre-Théophine Segretain, c’est l’homme et l’architecte du XIXe siècle pour lequel Mériméé fut extrêmement élogieux », appuie l’ancien conservateur adjoint aux musées de Niort et président de la société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres qui a signé l’avant-propos de l’imposante biographie de Pierre-Théophile Segretain par Chantal Callais (1).

Cet « âge d’or des architectes départementaux », selon l’historien niortais, s’illustre avec un autre monument religieux de la ville, l’église Saint-Hilaire. En partie financée par Napoléon III, elle a été bâtie sur les plans d’inspiration byzantine de Segretain. Mais l’architecte n’eut pas le temps de voir son œuvre puisqu’il décéda deux ans avant qu’elle ne fut livrée au culte, en 1866. « L’une des cloches, baptisée Ambre, a été principalement financée par le fils de Pierre-Théophile, le général de division Alexandre Segretain, polytechnicien officier du génie », évoque Etienne, lui-même ancien sous-officier d’active parachutiste, dont le nom de son propre père, Pierre Segretain, fondateur du 1er bataillon étranger de parachutistes, est associé à la Légion et à la guerre d’Indochine (2).

En cheminant sur les traces de leur illustre aïeul, la piste se poursuit avec l’ancien carmel restauré, des constructions particulières telles que l’hôtel de la Roulière, le château de Burbaillon à Sainte-Pezenne, des résidences à la campagne qui furent transformées en mairies (Vouillé, Villiers-en-Plaine). La construction du tribunal de Melle et l’hôpital de Bressuire et la restauration de nombreuses églises dans le département.

(1) « A corps perdu, Pierre-Théophine Segretain, architecte (1798-1864) » Chantal Callais, Geste Editions, 2010.
(2) « Au Champ d’honneur, la vie et la mort du chef de bataillon Pierre Segretain du 1er BEP », Etienne et Franck Segretain, Indo Editions, 2010.

novembre 2018
Niort Agglo
Les vases Cugnot bientôt restaurés.

Niort Agglo engage la restauration des vases Cugnot et lance ce 19 novembre un appel à mécénat populaire, en collaboration avec la Fondation du patrimoine et le soutien du Club des Mécènes des Deux-Sèvres, pour permettre aux amoureux du patrimoine de soutenir cette initiative.

Ces éléments remarquables du patrimoine niortais présents depuis 1885 place de la Brèche ont été retirés de l’espace public en 2006 pour l’aménagement des jardins. C’est dans une des réserves du musée Bernard d’Agesci et en présence du Président de Niort Agglo, Jérôme Baloge, d’Elisabeth Maillard, Vice-Présidente en charge de la culture et des représentants de la Fondation du patrimoine que la souscription est officiellement mise en place jusqu’en mars 2019.

« Ces vases appartiennent à la mémoire collective des Niortais et seront rendus à l’espace public une fois la restauration terminée » indique le Président de l’Agglo, Jérôme Baloge. « Confié à des spécialistes, ce projet culturel local a une résonance nationale ». Ces deux œuvres d’art propriétés de l’État ont été mis en dépôt par convention à Niort, aujourd’hui sous la responsabilité de l’Agglomération.

Ils ont été commandés le 12 mars 1884 par arrêté du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts à Louis-Léon Cugnot, sculpteur et Christofle & Cie, fondeur. Ces vases destinés à décorer le jardin public de la Ville, en bronze et galvanoplastie de cuivre, de 2,38 mètres de hauteur, illustrent les quatre saisons par des personnages masculins et féminins avec des appliques aux armes de Niort.

Conservés par le musée Bernard d’Agesci, ils vont retrouver leur magnificence grâce à une opération de restauration pour gommer les affres du temps (rouille, fissures et oxydation). Il fallait choisir un prestataire expérimenté et spécialisé dans ce type de restauration. C’est la fonderie Coubertin, située à Saint-Remy-Les-Chevreuses, et Antoine Amarger, spécialiste en restauration de sculptures métalliques, qui ont été retenus pour rendre leur splendeur passée à ces vases de facture exceptionnelle. Après un conditionnement de sécurisation, ils vont quitter Niort pour les Yvelines et devraient être de retour en juin 2019 pour être à nouveau mis à la vue des Niortais au cœur de l’espace urbain.

juillet 2018
La Nouvelle République
La Recouvrance entre mythe et réalité.
SHSDS : La Nouvelle République Juillet 2018 La Recouvrance entre mythe et réalité SHSDS : La Nouvelle République Juillet 2018 La Recouvrance entre mythe et réalité
Pour l'historien Daniel Courant, il est impossible d'affirmer que les troupe de Du Guesclin ont véritablement emprunté le chemin de la Recouvrance. © Photo NR
© Photo NR

A la veille de la première Fête médiévale de la Recouvrance, l’historien Daniel Courant nous décrypte cet événement majeur de l’histoire de la Ville.

Inédite à l’époque contemporaine, la Fête médiévale de la Recouvrance fait référence à une date historique pour la Ville. À partir de 1360, au tout début de la guerre de 100 ans, l’ensemble du territoire de l’actuelle région Nouvelle-Aquitaine est sous le joug des Anglais. Le 27 mars 1373, le connétable Bertrand Du Guesclin, au service du roi de France Charles V, parvient à reprendre Niort en déguisant ses troupes en soldats britanniques. Tous se seraient regroupés sur les prairies de Pré-Leroy avant de pénétrer dans l’enceinte pour accéder au Donjon. Un stratagème payant qui parvient à chasser l’ennemi hors de la cité.

“ On peut considérer que Du Guesclin ne s’est pas battu ”

Un événement baptisé « La Recouvrance », en référence au chemin du même nom par lequel les hommes de Du Guesclin auraient effectué leur arrivée. Une chapelle, qui n’existe plus de nos jours, a été construite spécialement pour l’occasion au pied de la butte Saint-Hubert, entre la Route de Coulonges et l’Avenue de Nantes. Un édifice commémoratif où les niortais se sont rendus chaque année en procession, après une messe à l’Église Notre-Dame de Niort.

Un récit qui fait aujourd’hui partie des croyances populaires mais qu’il faut parfois prendre avec des pincettes. « Il est impossible d’apporter la preuve que les troupes ont véritablement emprunté le Chemin de la Recouvrance », affirme Daniel Courant, ancien conservateur adjoint aux musées de Niort. « Du Guesclin et ses hommes ont tenté de prendre un château au milieu de la forêt de Chizé occupé par des Anglais, qui n’existe plus. Les deux camps se sont affrontés et les Français ont dû battre en retraite. Ils sont venus à Niort par voie terrestre. Personnellement, je ne serais pas surpris qu’ils soient arrivés par la Porte Saint-Jean », suppose l’historien.

“ Niort a profité de cette libération ”

Une hypothèse qui ne remet pas en cause la trame générale, qui mérite toutefois d’être recontextualisée. « On peut considérer que Du Guesclin ne s’est pas battu. Ses troupes étaient moins nombreuses que celles des Anglais mais une fois que les portes ont été ouvertes, personne ne s’est opposé à eux. Le maire de la Ville a accueilli les Français, et les Anglais ont pris la fuite », affirme Daniel Courant.

Un épisode de rébellion contre son occupant similaire à bien d’autre durant la guerre de 100 ans mais qui a joué un rôle décisif dans l’histoire de la Ville. « Quoi qu’il se soit passé ou non, cette date est très importante pour Niort qui a profité de cette libération pour grandir. À partir de 1380, le Duc de Berry, qui a succédé à Charles V, a lancé la construction du Pilori et du Port. S’il n’y avait pas eu “ La Recouvrance ”, son destin aurait probablement été différent », conclut l’historien.

juin 2018
Niort Agglo
Port Boinot sous la protection de la divinité gauloise Epona.
Présentation des sculptures découvertes à Port Boinot ©Darri

Les vestiges d'un sanctuaire antique ont été découverts à Port Boinot lors d'un sondage archéologique. Les sculptures retrouvées sur le site sont à voir au musée Bernard d'Agesci.

Bien avant d'être un site industriel de chamoiserie et de ganterie, Port Boinot a abrité un sanctuaire antique. Celui du Pain Perdu dans la boucle de Bessac était jusqu'à présent le seul connu à Niort.

En janvier dernier, en amont du chantier d'aménagement urbain, architectural et paysager qui démarre cet été, un diagnostic archéologique a été mené à Port Boinot à Niort. Contre toute attente, les sondages effectués par l’Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives, ont révélé une occupation antique du site, du dernier quart du premier siècle avant notre ère jusqu'au milieu du deuxième siècle de notre ère.

Des sculptures en calcaire datant de la fin du premier siècle ont en effet été retrouvées à proximité du bief, ainsi que les vestiges d'un édifice. C’est une découverte exceptionnelle à l’échelle de la ville, puisque c'est la plus ancienne a commenté le président de Niort Agglo, Jérôme Baloge, lors du point presse qui s’est tenu mardi 12 juin 2018. Elle nous fait remonter dans les temps les plus reculés de notre histoire et inscrit Niort dans un double millénaire.

Epona, déesse des équidés

La tranchée ouverte par la pelle mécanique a d’abord fait apparaître un fossé rempli de coquilles d’huîtres et de céramiques en quantité. Mais c'est dans la terre ramenée par le godet de la pelle que l'archéologue de l'Inrap a eu la surprise de découvrir une tête sculptée de divinité. Plusieurs autres fragments ont ensuite été dégagés, notamment la tête d’un cheval, ce qui a permis de reconstituer en partie la sculpture et de reconnaître l’image d’Epona, déesse des équidés et plus largement des voyageurs. Avec ses 70 cm de hauteur et ses 50 cm de largeur, cette statue d'Epona est la plus importante trouvée à ce jour sur la cité des Pictons précise Laurence Lamy, directrice des musées de Niort Agglo.

En poursuivant les opérations, deux autres sculptures ont été repérées à l'intérieur des vestiges d'un bâtiment, vraisemblablement un sanctuaire. La première représente une déesse à longue chevelure, assise dans un fauteuil. La deuxième, plus abimée, associe deux déesses assises l’une à côté de l’autre. Ces divinités ont été intentionnellement décapitées lors de l'abandon du sanctuaire, vers le milieu du deuxième siècle explique Annie Bolle, l'archéologue de l'Inrap. Pour leur enlever leurs pouvoirs et les désacraliser, on a cassé leurs attributs et déposé leur base le long d'un mur face à l’est.

Au musée Bernard d'Agesci

Moins de six mois après leur découverte, les trois sculptures ont rejoint le musée Bernard d'Agesci, où elles seront exposées à l'occasion des Journées nationales de l'archéologie les 15, 16 et 17 juin 2018 et jusqu'au 2 septembre 2018 dans le cadre d'une exposition intitulée "Port-Boinot".

Les quelque 110 kg de blocs de pierre prélevés lors du diagnostic n'ont peut-être pas encore livré tous leurs secrets. Ils ont été stockés dans des caisses et continuent d'être examinés et analysés. Nous sommes face à un gigantesque puzzle note Annie Bolle.

Les tranchées ont été refermées, le chantier de Port Boinot peut démarrer. Les aménagements programmés ne présentant aucun risque de destruction du sous-sol, le service régional de l'archéologie (qui dépend du Ministère de la Culture) a autorisé la ville à entreprendre les travaux, sans prescrire de fouilles préventives.

mars 2018
Territoire de Vie
Saint-Georges-Rex l'autel consolidé.
L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex
L'autel supporte deux tabernacles superposés des XVIIe et XVIIIe siècles ©Bruno Derbord
L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex
Les montants de l'autel ont été renforcés ©Bruno Derbord

L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex a bénéficié en décembre dernier de travaux de consolidation.

La table, qui supporte deux tabernacles superposés des XVIIe et XVIIIe siècles, était en équilibre instable, calée par des pierres et soutenue par un tasseau. Elle menaçait de s'effondrer.

Une intervention était nécessaire pour sécuriser l'ensemble. Coût :1600 € HT. La commune de Saint-Georges-de-Rex qui a autofinancé la dépense à hauteur de 35%, a pu compter sur une aide financière de la Communauté d'Agglomération du Niortais du même montant, au titre du fonds communautaire du patrimoine. L'Etat a également apporté son soutien (30%), l'autel étant sous la protection des Monuments historiques depuis 1995.

février 2018
Vivre à Niort
Le dauphin de Bernard d'Agesci bientôt restauré.
Le dauphin © Photo Vivre à Niort
Le dauphin © Photo Vivre à Niort : La fontaine du Dauphin, construite en 1803 par Bernard d'Agesci, architecte de la ville, sur ordre du maire Brisson est sous forme de temple grec. Elle est installée place du Port en 1807, elle est démolie par la suite. le bas-relief du Dauphin est conservé au Musée du Pilori et est mis en place, en 1980, rue Sainte-Marthe, à l'initiative de monsieur Gendron, Conservateur desMusées. (Niort Derrière les Remparts, Philippe Mascaro Marc Thebault, Edition du Terroir 1981)
Niche du XVème siècle © Photo Vivre à Niort
Niche du XVème siècle © Photo Vivre à Niort
un Atlante © Photo Vivre à Niort
un Atlante © Photo Vivre à Niort
une Cariatide © Photo Vivre à Niort
une Cariatide © Photo Vivre à Niort

Quatre sculptures en pierre calcaire situées rue du Rabot et rue Saint-Marthe ont été déposées, puis transportées à la conservation des musées dans le but de les préserver.

Ces œuvres entrées dans les collections des musées de Niort Agglo par donation étaient exposées sur l’espace public depuis les années 80. Alertée par la commission valorisation du patrimoine du conseil de quartier du centre-ville sur leur état de détérioration, la Ville de Niort a décidé de faire retirer ces sculptures de l’espace public avec l’intervention des musées. La plus prestigieuse d’entre elles, le Dauphin sculpté par Bernard d’Agesci en 1803, a quitté la rue Sainte-Marthe et sera restaurée dans les prochains mois. Il s’agit d’un élément de l’ancienne fontaine du Port que les Niortais pourront redécouvrir à l’occasion d’une exposition consacrée à l’artiste en juin 2018 au musée Bernard d’Agesci.

Les trois autres lapidaires situées rue du Rabot, une niche du 15e siècle, un Atlante et une Cariatide de la fin du 17e siècle dont les auteurs restent anonymes, sont placés en réserve.

1 février 2018
La Nouvelle République
Le maître chamoiseur avait légué ses souvenirsé.
Dans l'église de Saint-Liguaire le père du patron avait offert ce vitrail représentant saint Jean-Baptiste © Photo NR
Dans l'église de Saint-Liguaire le père du patron avait offert ce vitrail représentant saint Jean-Baptiste © Photo NR
Jean-Baptiste Rousseau (à droite) a veillé à la conservation du magnifique et désormais unique foulon de l'usine de Saint-Liguaire © Photo NR
Jean-Baptiste Rousseau (à droite) a veillé à la conservation du magnifique et désormais unique foulon de l'usine de Saint-Liguaire © Photo NR
Annie Rousseau et Daniel Courant se soucient maintenant de perpétuer le souvenir des chamoiseurs niortais © Photo NR
Annie Rousseau et Daniel Courant se soucient maintenant de perpétuer le souvenir des chamoiseurs niortais © Photo NR

Décédé il y a un mois, Jean-Baptiste Rousseau était le dernier patron de la chamoiserie de Saint-Liguaire. Il a veillé à la conservation du dernier foulon.

La chamoiserie niortaise a perdu avec Jean-Baptiste Rousseau l’un de ses derniers et illustres représentants. Il est décédé la veille de Noël à l’âge de 89 ans. Dernier d’une dynastie de chamoiseurs, il détenait le titre honorifique de « maître chamoiseur ». De 1957 jusqu’à sa fermeture en 1981, il avait dirigé la chamoiserie de Saint-Liguaire, fondée par son grand-père Aristide.

Sa veuve, Annie Rousseau, et l’historien niortais Daniel Courant nous ont rappelé combien ce maître chamoiseur avait été un patron atypique qui, longtemps après la fermeture de l’usine, avait veillé non seulement à perpétuer le souvenir de ce passé industriel niortais mais aussi à en conserver les vestiges, en particulier le foulon de l’usine de Saint-Liguaire (*), le seul encore en état dans toute l’Europe dont il s’est assuré de la préservation, même après la vente de l’usine.

“Il n’a pas eu le choix : son père l’a envoyé à l’École française de Tannerie” Dans les écoles où il se rendait quand on l’invitait, à l’occasion des Journées du patrimoine, sur un film tourné dans son usine en 1968 et qu’il a donné au musée d’Agesci ou au travers d’innombrables documents qu’il a légués au musée niortais et aux archives départementales, il s’est attaché à ce que le métier de chamoiseur à Niort ne tombe pas dans l’oubli.

Démarrée quai de la Regratterie, continuée à l’emplacement du Moulin du Roc, l’aventure de la chamoiserie Rousseau a débuté au XIXe avec le grand-père de Jean-Baptiste Rousseau, Aristide. C’est en 1907 qu’il a repris l’usine de Saint-Liguaire aménagée dans un ancien moulin à blé. Son fils Léon avait pris la suite et, à son décès, c’est logiquement encore les fils, Xavier pour la ganterie et Jean-Baptiste pour la chamoiserie, qui ont pris, très jeunes, l’entreprise en main. « Cadet d’une famille de cinq enfants, mon mari voulait faire les Beaux-Arts ou être architecte, se souvient Annie Rousseau. Mais il n’a pas eu le choix : son père l’a envoyé à l’École française de Tannerie à Lyon. »

“Jamais de grève chez Rousseau” L’entreprise comptera jusqu’à deux cents personnes et connaîtra des jours fastes. D’autres moins. « Autant la chamoiserie était rentable, autant la ganterie était difficile tant elle demandait de la main-d’œuvre et du temps », se souvient la veuve du dernier patron. Qui souligne aussi le management social de son mari : « Il n’y avait jamais de grève chez Rousseau. Le responsable CGT de l’usine racontait autour de lui que cela tenait notamment au fait que, étant enfants, ils avaient mangé ensemble des tartines, quand ils étaient en culottes courtes… »

Patron du Medef et président du foot Daniel Courant rappelle encore que Jean-Baptiste Rousseau a été un acteur de la vie économique des Deux-Sèvres : présent dans d’innombrables associations et instances locales, régionales voire internationales, retenons qu’il a présidé le Medef 79 de 1970 à 1973, qu’il a été président national des chamoiseurs… et président de l’Olympique léodgarien ! « Il assurait aussi l’entretien de son grand jardin », souligne Annie Rousseau.

Désormais, seul un autre Jean-Baptiste, le saint patron des chamoiseurs dont le vitrail avait été offert à la paroisse par le père du dernier maître chamoiseur, veille sur une corporation aujourd’hui disparue.

(*) Le foulon est une machine dont les maillets de bois assouplissaient et dégraissaient les peaux.

24 décembre 2017
La Nouvelle République
Philippe Ridouard et les familles Chaigneau.
SHSDS : Leopold Moreau, Philippe Ridouard, Daniel Courant (président de la Société historique des Deux-Sèvres) et Jean Luc Drapeau. © Photo NR
Leopold Moreau, Philippe Ridouard, Daniel Courant (président de la Société historique des Deux-Sèvres) et Jean Luc Drapeau. © Photo NR

En recevant Philippe Ridouard, l’auteur du livre, Léopold Moreau, maire de Saint-Maixent-l’École, a mis en lumière le nom illustre des Chaigneau qui a laissé l’héritage dans la ville et qui a façonné son passé. « Dans la cité, on se dirige le long de la Sèvre Niortaise où nous avons la rue Chaigneau, puis le parc Chaigneau qui a été créé quand je suis arrivé à la tête de la mairie. Mon prédécesseur avait souhaité construire un lotissement, mais nous avons abandonné l’idée en pensant que créer un parc était plus opportun. Il existe depuis 30 ans. Ils sont aussi présents au nouvel hôpital ».

A ses côtés, Jean-Luc Drapeau, maire d’Azay-le-Brûlé, a évoqué « certaines appartenances de la famille Chaigneau dans la commune. Il y avait les Chaigneau des villes et les Chaigneau des champs, comme sur l’IME de Vilaine. Les Chaigneau avaient beaucoup de propriétés à l’échelon du territoire. Sans eux nous n’aurions pas eu l’école militaire ». Et les deux maires, qui ont subventionné la sortie du livre, de revendiquer leur côté possessif de l’histoire de la famille Chaigneau. « Le livre historique est un ouvrage important pour savoir d’où l’on vient. Cela entre dans le patrimoine de nos archives et de nos biens », a renchéri Daniel Courant, qui a mis l’accent sur ce livre « qui est un ouvrage scientifique et très pointu, écrit après la consultation de nombreuses archives ».

Le lieu Pied-Foulard, la mairie d’aujourd’hui, était l’hôtel particulier de Marie-Marguerite Chaigneau. On retrouve l’esprit de la famille dans les Allées vertes qu’elle a créées en 1740, ce qui a fait basculer le centre de gravité de la ville. De son bureau, elle a influencé l’urbanisme en le reliant à l’axe ancien rue Chaigneau, ouvert vers la Sèvre, comme c’est fait aujourd’hui. Écrivant à partir d’archives inexplorées, Philippe Ridouard « a voulu reverdir le blason des Chaigneau. Dans ce livre où vies publiques et vies privées se croisent. On retrouve Pierre-Antoine Chaigneau, le premier millionnaire de la ville, Zoé Chaigneau Du Lac, internée à Charenton, Elodie Nosereau, le centre où toute la fortune vint aboutir ».

8 février 2017
La Nouvelle République
Un bulletin " porteur de mémoire ".
SHSDS : Pierre Lacore, secrétaire, et Daniel Courant, président de la Société historique des Deux-Sèvres, présentent les bulletins annuels de l'association. © Photo NR
Pierre Lacore, secrétaire, et Daniel Courant, président de la Société historique des Deux-Sèvres, présentent les bulletins annuels de l'association. © Photo NR

Depuis 1836, c'est un rituel : la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres publie son bulletin annuel. Tout au long de l'année, la société propose des conférences ouvertes à tous. Les sujets, principalement historiques et patrimoniaux, font généralement l'objet d'une publication dans le bulletin annuel de la Société. Celui de l'année 2016 est vendu 28 € aux personnes qui n'adhèrent pas à l'association.

Le président, Daniel Courant, considère que l'association a un rôle de « porteur de mémoire »et de « lanceur d'alerte »sur le patrimoine et l'histoire des Deux-Sèvres. Parmi les conférenciers de 2017, Frédéric Dumerchat présentera ainsi en mars son étude sur Germain Rallon, un auteur deux-sévrien. Caroline Chauveau, de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), viendra en mai exposer son travail de fouilles au donjon de Niort.

La société organise également des visites dans des communes rurales pour découvrir le patrimoine méconnu des Deux-Sèvres avec des passionnés d'histoire.

29 avril 2015
La Nouvelle République
Elles ont féminisé l'histoire municipale
Un document sorti de l'oubli : c'était en 1933, à Niort © Photo NR

Aujourd’hui, c’est le 70 e anniversaire du premier vote des femmes. L’historien Daniel Courant a étudié la place des élues au sein du conseil municipal.

Etait-ce destiné à une « femme sandwich » ? Daniel Courant a exhumé un document inédit. Un cadre en bois avec une affiche annonçant ce fameux meeting de 1933 tenu dans l'ancienne salle de l'Olympia, en bas de l'avenue de Paris : « Sur le millier de personnes, plus de 600 femmes sont venues écouter Germaine Malaterre-Sellier, présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes puis présidente de la Ligue des femmes électrices »,relate l'historien local. Une tranche d'histoire locale qui s'inscrit dans le vaste mouvement pour le droit de vote des femmes (ordonnance du 21 avril 1944) dont on célèbre aujourd'hui le 70 eanniversaire du premier scrutin, à l'occasion des élections municipales après la Libération (*). Cette évocation historique est le fruit d'un travail de recherche jusqu'alors jamais ouvert, auquel Daniel Courant vient de s'atteler : « Le droit de vote des femmes à Niort de 1945 à 2015 ». L'ancien conservateur-adjoint a minutieusement épluché sept décennies de registres des délibérations du conseil municipal, après chaque élection, décortiqué la formation des équipes afin d' « essayer de voir comment les mentalités ont évolué à travers la représentation des femmes ».

Un " tournant " sous l'ère Bellec

« J'ai constaté que, depuis 1945, au moins une femme a siégé au conseil municipal de Niort », précise-t-il. Première d'entre elles, Germaine Clopeau, une figure politique, ancienne résistante, militante communiste, élue dès 1947. Plusieurs fois réélue (six mandats jusqu'en 1983), l'ancienne institutrice s'est battue pour la représentativité au sein du conseil. Après son décès, son nom fut donné en 1995 à une place du quartier de Champclairot.

Entre 1945 et 2015, la France et Niort ont connu treize élections municipales et des femmes de toutes tendances ont siégé, « timidement jusqu'à la parité actuelle. »Si elles n'ont pas toutes eu des responsabilités de premier plan, ces élues ont travaillé au sein de commissions, dans des domaines relevant souvent de l'instruction, la cantine, le monde de l'enfance voire les travaux.

L'historien relève que, sous la municipalité de Bernard Bellec, dès 1995, sa liste majoritaire et celle d'opposition comptaient 21 femmes sur 45, « un tournant », selon l'historien. Parmi ces « femmes d'influence », Daniel Courant cite Janine Lucas, ancienne maire de Saint-Liguaire, qui fit basculer la commune dans le giron niortais ; également Claude-Odile Maillard, conseillère municipale qui a tenu une place de premier plan sous l'ère Bellec ; aussi Françoise Billy, dès 1995 comme adjointe de Bernard Bellec puis sous la municipalité d'Alain Baudin, ancienne première fédérale du Parti socialiste des Deux-Sèvres. Jusqu'à Geneviève Gaillard, qui fut la première femme à ceindre l'écharpe de maire de Niort.

21 avril 2013
La Nouvelle République
Les tombes de la rue Hugo ont livré leurs secrets
Eté 2011. après la découverte de six premières pierres tombales rue Victor Hugo, deux autres sont mises au jour. Le début de l'énigne. © Photo NR
Céline Trézéguet, archéologue munucipale, a mené cette longue enquête avec Claudine Allag. Si vous avez envie d'écrire un roman, il y a matière. © Photo NR

Les archéologues ont réussi à faire parler les pierres tombales mises au jour lors des travaux du centre-ville, au terme d’une véritable enquête policière.

Stupéfaction, cet après-midi du 17 mai 2011 : rue Victor-Hugo, les dents des pelleteuses mécaniques, lors des travaux de refonte du centre-ville, mordent dans un couvercle de sarcophage. Une pierre tombale, puis deux… puis six, des XVIIe et XVIIIe siècle. Deux autres sont découvertes quatre mois plus tard.

Énigme. Les archéologues lancent leur enquête. Et c'est le résultat de ce long travail d'investigation que Céline Trézéguet et Claudine Allag, ont livré cette semaine lors d'une conférence de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres. « Si vous avez envie d'écrire un roman, il y a matière», sourit Céline Trézéguet.

" Les historiens sont toujours très indicrets : quand on trouve le nom de quelqu'un on va fouiller "

Comme dans tout bon roman policier, le seul indice est un message dont il manque une bonne partie des mots : les inscriptions à demi effacées sur les pierres. Un document a tout de même permis de savoir ce que ces monuments funéraires faisaient là : il a été une époque où on s'est servi des tombes de la paroisse Saint-André pour couvrir les égouts !

Au terme d'un véritable jeu de piste, Céline Trézéguet et Claudine Allag ont remonté le fil de l'histoire personnelle de chacun des défunts. « Les historiens sont toujours très indiscrets : quand on trouve le nom de quelqu'un, on va fouiller.»

Muet comme une tombe, dit-on. Mais les registres paroissiaux, les actes de naissance, les actes de mariages, s'avèrent très bavards pour qui sait les faire parler. Et le microcosme des défunts identifiés, s'avère au final un reflet très précis, en modèle réduit, de la société niortaise de l'époque.

Une colline Saint-André grouillante de monde.

On trouve là un fabriquant de voile – le port de Niort procurait alors beaucoup d'emplois ,les navires de haute mer s'arrêtant à Marans et des gabares prenant le relais – des gens travaillant dans le textile ou la chamoiserie, une famille de petite noblesse d'origine protestante, tous vivant sur une colline Saint-André qu'il faut imaginer grouillante de monde, rappelle Claudine Allag : « Beaucoup de gens travaillaient devant leur porte, dans la promiscuité et toute une vie de quartier intense.»

Déjà une femme cougar !

Les Niortais d'alors sont bien moins conformistes qu'on le croirait. Ainsi, ce jeune homme de 24 ans qui se marie avec une femme de onze plus âgée. Réprobation de la famille. Cette femme cougar avant l'heure, aura un petit-neveu, le fameux Thomas-Jean Main, à l'origine de la révolution industrielle qui porta la chamoiserie niortaise à son âge d'or : « Une belle revanche sur le mépris dont la famille de Marie Main a été l'objet au départ», note Claudine Allag.

Autre idée battue en brèche : malgré une espérance de vie réduite, on comptait tout de même des centenaires sur la colline Saint-André. On a même retrouvé la trace d'un homme remarié à 99 ans et mort dix-huit mois plus tard.


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C’est découvrir le patrimoine archéologique, historique, monumental, culturel, humain, artistique, du département.

C’est encourager les recherches historiques et scientifiques sur le département.

C’est échanger chaque mois avec ses membres curieux et passionnés et conférenciers sur tous sujets intéressant l’histoire du département.

C’est bénéficier d’un accès privilégié à l’ensemble de ses publications depuis 1905 mais aussi à celles de la Société de Statistique depuis 1836, dont elle est l’héritière.

C’est bénéficier d’un accès privilégié à l’ensemble des publications des sociétés savantes des Deux-Sèvres et des autres sociétés savantes de la région historique du Poitou-Charentes.

C’est s’investir dans la promotion du patrimoine du département auprès de tout public : scolaire, associatif, collectivités…

C’est participer à la valorisation du patrimoine historique et monumental à travers les organismes consultatifs locaux.

C’est aussi assurer une vigilance attentive quant aux patrimoines et alerter en cas de péril.

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L’adhésion individuelle est de 50 euros. Celle pour un étudiant est de 20 euros. Celle de membre bienfaiteur est de plus de 50 euros. L’adhésion annuelle comprend le bulletin de l’année. Chèque à l’ordre de la « Société historique » La Société historique et scientifique des Deux-Sèvres étant une association reconnue d’utilité publique, un reçu fiscal vous sera remis.

Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 4 rue Jean Macé 79000 Niort.
societe.historique79@gmail.com. Permanence : Troisième mercredi du mois de 15h à 17h.

Références des images du diaporama

S.H.S.D.S.Bulletin Quatrième série numéro 15 illutration de couverture : Plan général de l'ecluse de la Rousille, extrait du projet de l'ingénieur en chef Mesnager, 1818 (AD79,3 S 20/2)
S.H.S.D.S.Bulletin Quatrième série numéro 15 illutration de couverture : Plan général de l'ecluse de la Rousille, extrait du projet de l'ingénieur en chef Mesnager, 1818 (AD79,3 S 20/2)
Le Donjon de Niort. Oganisation d'un chantier de construction à la fin du XIIe siècle. Daniel Courant page 153. Extrait : Essai de typologie des signes lapidaires : page 153 Assimilé à une fleur (?).
Niort, le château des comtes de Poitiers, Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle). Notice accompagnatrice
Niort, le château des comtes de Poitiers,
Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).
Notice accompagnatrice
S.H.S.D.S. Mémoire 2006 illutration de couverture : Nior en Poitou gravure de C. Chastillon B.M. Poitiers 6155 D.-S.
S.H.S.D.S. Mémoire 2006 illutration de couverture : Nior en Poitou gravure de C. Chastillon B.M. Poitiers 6155 D.-S.
La Sèvre et ses marais, portrait de fleuve. Jean-Pierre Andrault. Patrimoine et Médias, 2015
La Sèvre et ses marais, portrait de fleuve.
Jean-Pierre Andrault
Patrimoine et Médias, 2015
Le vieux Niort par l'image. Paul Galteaux. La Geste : Les livres de notre région, 2015
Le vieux Niort par l'image
Paul Galteaux
La Geste : Les livres de notre région, 2015
vaste composition occupe un mur de la salle du conseil municipal de la ville de Niort. Le peintre Charles Fouqueray y montre Aliénor d'Aquitaine remettant la charte municipale qui confirme, en 1203, les privilèges et usages déjà acquis
Cette vaste composition occupe un mur de la salle du conseil municipal de la ville de Niort. Le peintre Charles Fouqueray y montre Aliénor d'Aquitaine remettant la charte municipale qui confirme, en 1203, les privilèges et usages déjà acquis. Desormais les niortais éliront leurs magistrats. Cette charte de commune, obtenue sous le règne d'un Plantagenêt, roi d'Angleterre, sera confirmée par Philippe Auguste, roi de France. L'artiste a donné aux échevins les traits des conseillers municipaux en exercice en 1901, à l'inauguration du nouvelle hôtel de ville. (Niort la campagne à la ville. Raymond Silar / Daniel Mar. Geste Edition 1998. Page 31)
Sources : Gallica : Titre : Veüe de la Ville et du Chasteau DE THOUARS en Poictou. Duche et Pairrie à 7 lieües de Saumur, Appartenant a Monsieur de La Tremouille 1699 : [dessin] / [Louis Boudan?] Auteurs : Boudan, Louis (16..-17.. ; dessinateur et graveur). Dessinateur. Date d'édition : 1699
Niort, le château des comtes de Poitiers,Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).Dessin à la plume en encre brune, aquarelle. Paris BNF Richelieu Estampes et photographie Rés, Ve-26m-Fol. Destailleur Province, t.8,n.

Niort, le château des comtes de Poitiers,
Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).
Dessin à la plume en encre brune, aquarelle.
Paris BNF Richelieu Estampes et photographie Rés, Ve-26m-Fol. Destailleur Province, t.8,n.

notice de la BNF : Titre : Niort. Vue d'un château fort... : [dessin] / Tavernier D. J. Del. Auteur : Tavernier de Jonquières (17..-17.. ; dessinateur). Dessinateur Date d'édition : 17.. Sujet : Châteaux forts Sujet : Donjons Sujet : Lavandières Sujet : Sèvre niortaise (France ; cours d'eau) Sujet : Niort -- Château – Donjon Type : Paysages -- 18e siècle, image fixe, dessin Format : Dessin à la plume et encre brune, aquarelle ; 17,5 x 24,2 cm Format : image/jpeg Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/btv1b7741772w Source : Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST RESERVE VE-26 (M) Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40309662c Description : Collectionneur : Destailleur, Hippolyte (1822-1893) Description : Comprend : Niort. Vue d'un château fort... / Tavernier D. J. Del. ; [Sur un papier collé, texte à l'encre portant le "n°6" et la légende] Description : Référence bibliographique : Destailleur Province, t. 8, 1767 Provenance : bnf.fr.


La Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres a pour vocation d’approfondir la connaissance et de faire connaître le patrimoine historique et culturel du département au profit des étudiants et des chercheurs, mais aussi de tous ceux, de plus en plus nombreux, qui se passionnent pour l’histoire de notre département et de notre région. Le résultat de ses travaux réalisés depuis sa création en décembre 1904, est un élément essentiel de sa notoriété et de son rayonnement régional et national.

Quatrième journée de l’histoire en Deux-Sèvres

Le dimanche 9 octobre 2022 la Fédération des sociétés savantes et culturelles des Deux-Sèvres organise la quatrième journée de l’histoire en Deux-Sèvres. Cette année c’est la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres qui assure l’accueil et l’intendance de cette journée annuelle.

Vous trouverez ici tous les renseignements utiles à cette journée aux conférences gratuites :

Le programme

2022-2023 : Les prochaines conférences

Auditorium de la médiathèque Pierre-Moinot, 1 boulevard Main, Niort
Elles ont lieu le troisième mercredi de chaque mois de l'année scolaire à 18 heures.
Elles sont gratuites et ouvertes à tous.
DECEMBRE 2022 Mercredi 21 à 18 heures
Jean-Jacques GRETEAU
Louis de Fontanes, littérateur et Homme d’Etat.

Présentation : Louis de Fontanes né à Niort où il a passé ses 18 premières années, est un personnage de première grandeur qui n'a pas reçu de la postérité l'hommage qu'il aurait mérité. Poète, un des derniers de l'École classique, journaliste engagé pendant et après la Révolution, il fut consacré sous l'Empire avec la Grande Maîtrise de l'Université impériale. En 1802, il fut élu député des Deux-Sevres.

JANVIER 2023 Mercredi 25 à 18 heures
Alexandra ROMPILLON JOUARRE
Aiffres, une terre d’exil pour les réfugiés espagnols (1937-1940).
FEVRIER 2023 Mercredi 15 à 17 heures
Maria CAVAILLÈS
Bilan des 5 dernières années de protection d’objets mobiliers au titre des Monuments historiques
MARS 2023 Mercredi 15 à 18 heures
Dominique BRUNET
Les usines de Melle à la campagne, une histoire qui a commencé il y a plus de 150 ans